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PDV Julie
Biiip, Biiip, Biiip...
La sonnerie sonore quelque peu étouffée par le poids de mon oreiller me tira péniblement d'un sommeil lourd et agité. Je fouillais à tâtons sous la taie et parvins à faire taire le hurlement strident du réveil.
6h 30 , affichaient les chiffres lumineux de l'horloge digitale. Je me redressais péniblement sous l'épais duvet qui m'a tenu si chaud durant cette froide nuit d'hiver. Les yeux encore gonflés de sommeil, je cherchais difficilement à remettre un peu d'ordre dans le tourbillon de mes pensées. La nuit m'a semblé terriblement longue et était peuplée de rêves noirs et effrayants. Les mêmes que d'habitude, un particulièrement...
Ce cauchemar...j'en rêvais depuis des semaines. Pas une nuit, je n'y échappais et j'avouais qu'il me terrorisait.
<<...terrorisée, affolée, horrifiée, apeurée...>>
Mes parents mouraient d'une effroyable façon, me laissant seule au monde, livrée à moi-même et aux mauvais garçons de la banlieue. Et je n'arrivais même pas à savoir comment mes parents avaient pu déceder. Au fond de moi, j'avais la sensation de le savoir et en même temps, il me semblait être à des kilomètres de la vérité.
Ce rêve me hantait depuis au moins 6 semaines et ne me quittait plus. Voilà pourquoi maintenant j'appréhendais l'heure du coucher. Je savais que j'allais passer une nouvelle nuit à être torturé par ces visions cauchemardesques et à pleurer sous l'horreur que me procuraient ces images fictives.
Une sensation d'écrasement me comprima l'estomac. J'avais une impression étrange qui me rendait mal à l'aise.
Je ne rentrerais plus jamais chez moi à partir de ce soir
Pourquoi j'éprouvais cela ? Je ne saurais le dire. C'est qui était certain, c'était ce poids qui me serrait le ventre et ce malaise dont je n'arrivais pas à me débarasser. La peur, l'angoisse...
Etait-ce le contrôle de maths qui m'attendait dans quelques heures qui me rendait ainsi ? Non surement non ! Cela ne pouvait être pour une raison aussi futile. J'avais révisé à fond mes cours, j'étais sûre de le réussir. C'était autre chose...mais quoi ?
_Julie !!!
La voix de ma mère derrière la porte me fit sursauter. J'étais tellement concentré sur la signification de mon rêve que j'en avais oublié l'heure.
_Julie , repris la voix. Tu vas être en retard. Dépêche-toi, le petit-déjeuner est prêt.
_Oui, j'arrive !
Les pas s'éloignèrent. Mon coeur se serra davantage. Je n'avais pas faim. Et pourtant, il fallait que je mange, au moins pour ne pas tomber dans les pommes comme cela m'est arrivé la semaine dernière. Rien dans l'estomac, trop d'insuline pour une carence en glucide. Résultat : un malaise hypoglycémique en plein cours de gym. Le diabète me contraint et m'opprime mais je n'ai plus le choix. Il fallait remanger à nouveau le matin pour éviter un nouvel évanouissement.
<<...ça me fait une belle jambe...>>
Rejetant mes couvertures, je me levais d'un pas mécanique et ouvrit la fenêtre. Un léger crachin tombait sur la ville et le ciel, gris, lourd et bas n'arrangea pas la terreur qui m'étreignait. Je me sentais vaguement inquiète sans comprendre pourquoi. Je rabattais machinalement la couette sur le lit et me dirigeais vers mon placard.
D'un geste automatique, je m'emparais d'un pantalon de velour noir, une col roulé en dentelle noir, un débardeur pour mettre dessus (encore noir) et des bottines à lacets. Quelques bijoux dont un crucifix complétait l'ensemble. J'avoue aimer les vêtements et autres accesoires gothiques.
Un trait d'eye-liner autour de mes yeux et voila j'étais prête à descendre. J'avais la chance d'avoir une peau lisse et fraiche m'évitant à devoir utiliser du font de teint ainsi je ne passais pas mon temps à tenter de cacher des imperfections.
Je me dirigeais à l'extrémité de ma chambre où se trouvait un petit tas de vieille couverture. Je me penchais au-dessus et vit deux oreilles bouger et deux beaux yeux dorés me regarder. Pour la première fois depuis que j'étais levée, je souris et m'abbaissa afin d'embrasser la douce fourrure soyeuse qui glissait sous mes doigts.
Jade, ma jolie femelle européenne. Une superbe chatte au pelage aussi blanc que mes vêtements étaient noirs, orné d'une unique tâche couleur rouille sur le poitrail.
_Bonjour ma poupée, lui dis-je en lui caressant la tête.
La poupée en question répondit par un feulement doux et ronronnant. Un chaton malade condamné à la piqure sauvé par mon père qui s'est transformé en somptueuse lady douce et attachante. Une compagnie des plus charmante et des plus agréables pour moi. Je la quittais à regret après un dernier calin et descendit dans la salle à manger rejoindre mes parents, déjà attablés devant un plateau garni de viennoiseries, pate à tartiner et tranches de pain grillé.
Gratifiant mes parents du bisous matinal, je me servis un bol de lait et piocha un croissant dans le panier à viennoiseries. Tout en mangeant lentement malgré mon manque d'appétit, j'observais un peu la une du journal que papa avait commencé à lire. Je manquais lacher mon bout de croissant en découvrant ce gros titre :
DISPARITION DE ALLORA MCBEAL : DEJA UN MOIS ET TOUJOURS AUCUNE PISTE !!
Allora McBeal...la sixième jeune fille des environs qui disparait depuis quelques mois. Un frisson de peur me parcourut le dos. Elle pouvait être n'importe où...mais dans quel état ?
Soudain, je vis blanc ! L'image de la salle à manger disparut. Une vision s'imposa à moi en flach : le corps de la jeune fille en question, torturé, violé et abandonné au fin fond d'une pièce sombre, un débarras probablement.
Puis soudain, le salon me réapparut et l'épouvantable vision disparut aussi vite qu'elle s'était imposée. Une fine pellicule de sueur se colla à ma peau. Ce n'était pas le première fois qu'il m'arrivait ce genre de flash mais je n'en parlais jamais, par peur que l'on me prenne pour une folle et l'on me fasse interner.
<<...n'est-ce pas plutôt le peur de voir ses visions fondées ?...>>
Mon estomac se contorsionna davantage et j'abandonnais mon restant de croissant sur le bord de la table. Je me forçais à terminer mon lait en espérant que le liquide chaud dissoudrait un peu le noeud qui s'est formé au fond de moi. Je me levais de table, attrapait mon sac (un sac banal, noir et couvert de clous argent et autres broches en crucifix (appellez-moi Satanas ^^ ). Une inquiètude soudaine me força à aller fouiller dans le tiroir de la commode afin de prendre le petit recueil de photos que je ne quittais jamais. Je le glissais dans mon sac et embrassa mes parents avant de partir.
_Bonne journée ma chérie !
_Merci papa !
_Fais bien attention à toi, Julie. Tu sais à quel point, tu es sensible au moindre changement de rythme, ces temps-ci.
_Oui maman. Je ferais attention.
_As-tu bien ton insuline pour la journée ?
_Oui, dans mon sac .
_Parfait ! A ce soir , mon trésor.
_A ce soir maman !
J'enfilais ma longue veste soire plus semblable à une cape qu'à un manteau classique et prit mes clés. Je sortis en claquant involontairement la porte et me retrouvais sur le perron.
La boule au fond de mon ventre ne s'était toujours pas dissipé. Un corbeau fit entendre son croassement sinistre avant de reprendre son envol dans un mouvement brusque qui me fit sursauter. Le coeur battant, je quittais le perron et marchait dans la grisaille glaçante de l'hiver.
Mes yeux longeaient les façades des maisons avec une appréhension qui ne m'était pas naturel. Le froid plus vigoureux que de coutume, me transperçait jusque dans les os. Je ne m'étais jamais sentis aussi mal. Pas dans un moment pareil du moins.
Je hâtais le pas et me dépêchais d'arriver à mon lycée. J'étais certaine que là-bas, je serais en sécurité.
<<...comme je me trompais...>>
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Ellipse temporelle
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PDV Julie (en cours d'anglais)
_Bien Messieurs et Mesdemoiselles, vous deviez écrire une chanson pour aujourd'hui et me la traduire en anglais ! Voyons, ce que vos âmes si spirituelles nous ont offertes !
Quelle ironie dans la voix de Mr Baker ! Quel air hautain devant nous, pauvres imbéciles sans cervelle !
Je n'aime pas ce prof, cependant il a un côté fascinant. Avec quel délice, je l'entends clamer des vers de Shaekspeare (en VO, bien entendu). L'anglais est sa passion, nulles doutes sur ce point et il rêve de la faire partager aux élèves.
Las, la majorité de ses futurs bilingues sont tellement médiocres que les espoirs de Mr Baker s'en ressentent grandement...et ses cours aussi !
Personnellement, j'aime bien l'anglais ! Et le devoir que nous avez demander Mr Baker a été d'une simplicité enfantine pour moi...Sans vouloir me vanter, j'aime écrire et particulièrement des chansons. En une heure, c'était fait !
_Mlle Marvitz ! (c'est moi !) Veuillez nous faire part de votre devoir, si vous n'y voyez pas d'inconvénient !
Inconvénient ou pas, je ne peux pas refuser de toute façon. Je n'aime pas chanter en publique mais bon, je n'ai pas le choix. Debout, près de tableau vert sombre couvert d'une écriture d'imprimerie blanche et poussièreuse (vive la craie), je faisais face aux 27 élèves de ma classe.
Tremblante mais résignée, je fredonnais :
Il y eu un silence. Puis les applaudissements se mirent crépiter dans la classe. Ma joie effaça une partie de mon angoisse et les félicitations de Mr Baker m'allèrent droit au coeur.
La sonnerie retentit, marquant la fin du cours et accessoirement de journée de classe.
Aussitôt dehors, le noeud au creux de mon ventre refit surface.
J'étais la prochaine sur la liste, je le sentais...-,.-~*'°¯°'*~-.,-,.-~*'°¯°'*~-.,-,.-~*'°¯°'*~-.,-,.-~*'°¯°'*~-.,-,.-~*'°¯°'*~-.,-,.-~*'°¯
Fin du chapitre
Donnez-moi vos impressions, j'ai besoin de votre avis pour avancer ! Merci =) !Que mon coeur lâche <3